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5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

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5.1.1.3. La gestion des impressions

Les individus accordent généralement de l’importance à la façon dont les autres les perçoivent,

dans la mesure où ces perceptions ont un impact, notamment, sur leurs modes relationnels avec leur

environnement (Leary & Kowalski, 1990). Cette importance est relayée par la tendance à s’engager

dans des comportements visant à gérer et à contrôler ces perceptions que les autres ont de soi par

des impressions socialement désirables en référence à l’image publique de l’individu (Leary, 2003;

Leary et al., 1990). Selon Leary et al. (1990), la gestion d’impression est sous–tendue par deux

processus avec une composante motivationnelle à gérer l’impression que les autres ont de nous et

une seconde composante relative à la construction de cette impression donnée à autrui. Dans le

contexte organisationnel, le leader peut être motivé à entretenir, de façon proactive, une certaine

impression quant à sa présentation, auprès de ses subordonnés. En 1986, Leary et ses collaborateurs

(Leary, Robertson, Barnes & Miller, 1986) ont montré que des leaders adaptaient leur présentation

de soi, se présentant plutôt comme un leader orienté vers la tâche ou plutôt orienté vers la relation,

en fonction de l’image du leader qu’ils jugeaient la plus efficace vis-à-vis du groupe de subordonnés,

ceci dans le but de montrer qu’ «

ils sont la bonne personne dans le rôle du leader étant donné la nature de la

situation du groupe

» (p. 747). Ceci est particulièrement pertinent au regard des impressions de justice.

En effet, Pillutla et Murnighan (1995), à partir des résultats obtenus en utilisant le jeu delta, version

de la technique des jeux de l’ultimatum, montrent que les individus distribuent des ressources selon

un mode stratégique et en apparence juste, uniquement lorsque celui qui reçoit l’allocation ou un

observateur du jeu, connaît le montant à répartir. Ainsi que le notent Greenberg et Lind (2000), la

subjectivité dans le choix des éléments constitutifs du jugement de justice montre qu’

« être juste est

souvent moins important que faire ce qui paraît être juste

» dans l’appréciation qu’en ont les individus ;

conclusions reprises par van Dijk et Tenbrunsel (2005), pour qui l’individu est « moins concerné par

le fait

d’être vraiment juste

que (par le fait)

d’apparaître juste

» (p. 35). Aussi, l’adhésion aux règles de

justice peut-elle revêtir un caractère purement instrumental pour le leader, dans la perspective de

créer une identité favorable (Greenberg, 1990). Le leader construit une image publique positive et la