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5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

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est essentielle dans les échanges sociaux, dans la mesure où les attributs de responsabilité et

d’intégrité conférés à l’individu, engagent la volonté des autres à coopérer (Wong & Boh, 2010).

Mais les relations entre les individus peuvent être mises à mal par leurs comportements

réciproques et, selon Dirks, Lewicki et Zaheer (2009), la poursuite et la restauration de la relation

sont contingentes de la façon dont le conflit est résolu. Les perceptions d’injustices sont fréquentes

au sein des organisations et peuvent avoir, selon le modèle multifocal de justice (Cropanzano, Byrne,

Bobocel & Rupp, 2001) différentes sources, dont 1) une source organisationnelle lorsque, par

exemple des procédures sont perçues comme étant inappropriées (non voix) mais également 2) une

source individuelle, due à l’action du leader. Lorsque l’injustice est due à l’action du leader

(individuelle), elle peut être corrigée par le leader à l’origine de celle-ci ou par l’organisation. Dans ce

cas, l’organisation utilise des stratégies « visibles » c'est-à-dire connues de tous pour restaurer un

sentiment de justice. On parle de remède organisationnel défini «

comme une action entreprise par une

organisation avec l’intention de créer dans l’esprit du travailleur lésé, le jugement que l’injustice perçue a été

réparée

» (Reb et al., 2006, p. 34). Les remèdes organisationnels sont matériels par l’application d’une

justice compensatoire avec, par exemple, une compensation financière et / ou symbolique mais

également par l’application d’une justice punitive sous la forme d’excuses ou de punition du

responsable (Reb et al., 2006).

Lorsque l’injustice est organisationnelle, le leader peut restaurer un sentiment de justice par

l’utilisation de stratégies « invisibles », c'est-à-dire ayant un caractère discrétionnaire et généralement

non officiel (Nadisic, 2008). En effet, dans le cadre de son activité managériale, le leader a la

possibilité de réparer une injustice, le plus souvent distributive ou procédurale, subie par un

subordonné, en allouant des ressources organisationnelles supplémentaires à ce dernier. Ainsi,

lorsque l’injustice n’implique pas la responsabilité du leader direct mais est le fait, par exemple, d’une

décision organisationnelle ou d’un niveau hiérarchique supérieur, on peut observer des

comportements de restauration de la justice de la part du leader, sous la forme de remèdes

« invisibles », ce que Nadisic (2005; 2008) nomme la justice invisible. Les remèdes invisibles incluent