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5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

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l’allocation de temps libre sur le temps de travail, l’autorisation d’utiliser du matériel appartenant à

l’organisation à des fins privées, le don de matériel organisationnel ou encore des bénéfices formels

sous la forme de primes ou de formations complémentaires. Ces allocations sont dites « invisibles »

car les ressources allouées sont détournées de leur raison d’être originelle. Les caractéristiques des

remèdes invisibles sont leur caractère informel et généralement secret de l’allocation, vis-à-vis de la

hiérarchie et des autres subordonnés. Par cet intermédiaire, le manager rétablit un équilibre et

restaure un sentiment de justice chez le subordonné. Ce type de comportements compensatoires par

le superviseur direct produit un ensemble d’effets sur les attitudes et les comportements du

subordonné dénommé « effet Robin des Bois ». L’effet Robin des Bois est défini comme l’ensemble

des conséquences des allocations des remèdes invisibles par les managers sur les réactions des

subordonnés qui bénéficient de l’allocation (Nadisic, 2008). Ces comportements managériaux sont

une forme particulière de justice corrective et ont des antécédents motivationnels relationnels et

moraux. Dans le cadre de la perspective relationnelle, le manager, en s’engageant dans des

comportements de justice invisible, a pour objectif de maintenir une relation positive avec son

subordonné, dans la mesure où l’allocation de ressources supplémentaires engendre des

comportements positifs de la part du subordonné à l’égard du leader. On note que cette modalité de

distribution n’intervient pas uniquement en réponse à un évènement particulier, mais constitue un

véritable système de compensation dans certains secteurs d’activité où les rémunérations sont faibles

(Nadisic, 2008).

5.1.2.2. La protection du concept de soi

Lorsque le leader perçoit la relation comme une menace du concept de soi, il peut s’engager de

façon régulière dans des comportements perçus comme étant injustes par les subordonnés. Il

acquiert alors une réputation négative lui permettant d’obtenir du pouvoir dans la relation avec les

subordonnés (cf. la motivation instrumentale). Lorsque la démarche du leader est négative et

proactive, c'est-à-dire volontaire et raisonnée, elle vise à construire un mode relationnel basé sur