5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE
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comme justes alors que le second type de motivation induit le plus souvent des perceptions
d’injustice chez les subordonnés.
La perspective relationnelle des motivations d’un leader à s’engager dans certains types de
comportements perçus comme étant (in)justes peut être proactive ou réactive et elle est liée au
besoin de se protéger ressenti par le leader en fonction de son identité relationnelle. Les relations
que le leader entretient avec ses subordonnés sont plus particulièrement représentatives des
dimensions interpersonnelle et interactionnelle de la justice organisationnelle, par la forme et le
contenu des échanges entre le leader et les subordonnés (Nadisic, 2008).
Reprenant la métaphore qui guide cet exposé, cette perspective est celle de l’
«
Homo Socialis
»,
en
référence à un individu principalement
concerné par la maximisation de son statut et de sa valeur
sociale, répondant à des besoins relationnels de valorisation, de respect et de sentiment
d’appartenance (Skitka et al., 2008). Selon McClelland (1975; McClelland & Boyatzis, 1982), le besoin
d’appartenance et le contrôle de soi sont complémentaires des besoins de réussite et de pouvoir. Le
besoin d’appartenance est défini par un intérêt particulier à établir et maintenir des relations
personnelles et émotionnelles fortes avec les autres et le contrôle de soi
fait référence à la motivation
à utiliser le pouvoir à des fins sociales plutôt que personnelles.
5.1.2.1. Le développement, le maintien et la restauration des relations
Selon le modèle de l’identité sociale (Hogg, 2005), le leadership est relationnel
par définition
, dans
la mesure où un individu, le leader, influence d’autres individus à adopter des valeurs, des attitudes et
la réalisation d’objectifs communs. Une notion centrale à cette analyse relationnelle du leadership
concerne la construction et la perception identitaire sociale des individus qui composent le groupe;
le soi est alors socialement construit selon une définition partagée et l’individu se définit notamment
en fonction de son sentiment d’appartenance au groupe (van Knippenberg & van Knippenberg,
2005). Ainsi, la valeur sociale ou le statut du groupe devient celui de l’individu, membre du groupe,
conduisant à la perception d’un caractère prototypique des membres du groupe (Hogg, 2005). Cet




