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5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

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effet du caractère prototypique guide par ailleurs, les évaluations que les subordonnés font du

leadership et des actions du leader, par les perceptions qu’ils ont de sa capacité à représenter le

groupe. Nous verrons dans la seconde partie de ce chapitre (paragraphe 5.2), que le caractère

prototypique du leader peut également agir comme un substitut de justice auprès des subordonnés.

Nous avons déjà abordé, par le biais de la gestion d’impression, la motivation instrumentale

possible du leader à entretenir une image de soi, positive ou négative, auprès de ses subordonnés.

Mais la gestion de l’image publique de tout un chacun et plus particulièrement du leader, répond

également à une motivation relationnelle. En effet, la présentation de soi est un aspect important des

comportements sociaux, associé au besoin des individus d’être aimés et appréciés (Dunn, Biesanz,

Human & Finn, 2007).

Les relations de travail induisent, entre le leader et les subordonnés, une évolution de la

présentation de soi d’un niveau personnel à un niveau relationnel, augmentant potentiellement

l’importance des considérations relationnelles telles que la valorisation de l’harmonie

interpersonnelle (van Knippenberg & van Knippenberg, 2007). En effet, plus l’utilisation de

tactiques d’influence devient contingente de l’intérêt relationnel, plus le soi relationnel (par rapport

au soi personnel) devient saillant, rendant les échanges et les processus d’influence utilisés par le

leader plus respectueux de l’autre, dans leurs modalités et leur exercice. Ainsi, le leader construit et

assoit une certaine réputation. Une réputation positive est basée notamment sur la confiance que

l’on peut lui accorder parce qu’elle permet d’anticiper la relation avec le leader. Pour Colquitt, Scott

et LePine (2007), cette confiance s’établit sur la base de l’expertise du leader (compétence) et de son

caractère (intégrité et bienveillance). En effet, selon ces auteurs, au travers de ces composantes, la

compétence fournit des informations sur ce que l’individu

peut faire

can do »

) et le caractère fournit

des informations sur ce que l’individu

va faire (« will do »)

, répondant ainsi à deux interrogations

importantes des relations avec le leader. Aussi une réputation positive est-elle génératrice

d’approbation sociale (Scott et al., 2009). Enfin, la réputation d’être une personne digne de confiance