Previous Page  146 / 299 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 146 / 299 Next Page
Page Background

5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

146

Cependant, bien qu’enrichissant notre compréhension des motivations sous-jacentes aux

comportements d’(in)justice des leaders, la perspective relationnelle ne permet pas d’expliquer,

notamment, pourquoi un individu sacrifie une partie de ses gains au seul motif d’être juste et de

punir un autre individu, qui a été cupide (Kahneman, Knetsch & Thaler, 1986) et ce,

indépendamment d’une motivation instrumentale ou relationnelle (Turillo, Folger, Lavelle,

Umphress & Gee, 2002). Ainsi, pour Cropanzano, Goldman et Folger (2003), les perspectives

instrumentales et relationnelles, en proposant des perspectives centrées sur les désirs personnels

comme motivation à agir, ignorent les « obligations des principes moraux » (p. 1019) et sont donc

une représentation incomplète des motifs des comportements (in)justes des leaders. Ce constat

représente pour Leung et Tong (2003), une limite des modélisations des motivations instrumentales

et relationnelles que nous venons de développer et nous amène à explorer la perspective morale

comme composante motivationnelle des comportements de justice du leadership.

5.1.3. La perspective morale des antécédents des comportements managériaux

Selon la métaphore de l’«

Homo Moralis »,

les individus «

ont une propension intrinsèque à se sentir

concernés et à suivre les concepts de moralité

» (Skitka et al., 2008, p. 4).

Le modèle déontique de justice (Folger, 2001), que nous avons décrit dans le chapitre 1 de ce

travail, développe cette perspective morale du besoin de justice, soulignant les composantes morales

et éthiques comme guide des comportements et des perceptions qu’ils induisent, selon le point de

vue des victimes d’injustices (Cropanzano, Goldman & Folger, 2003).

Les recherches liant la composante morale au leadership ont connu un véritable regain d’intérêt

au début du nouveau millénaire, avec, comme nous l’avons vu, le leadership éthique, authentique ou

serviteur, entre autres, et ont été motivées, en partie, par les scandales et les destitutions à répétition

de leaders préalablement

encensés (Reynolds, 2008; Tenbrunsel & Smith-Crowe, 2008).