5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE
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5.1.3.1. Concepts d’éthique, d’intégrité et de moralité du leader
Plusieurs dénominations sont utilisées pour aborder la perspective morale, et qui demandent à
être distinguées. Ainsi, les concepts d’éthique ou de moralité et d’intégrité sont utilisés mais
représentent des notions différentes
.
Le concept d’intégrité est lié à la tradition de moralité concernant les comportements appropriés
des individus et est défini comme l’engagement d’un individu à respecter et à agir selon un ensemble
de principes moraux et de valeurs (Cullen & Sackett, 2004; Parry & Proctor-Thomson, 2002). Parry
et al. (2002) insistent sur la composante comportementale et parlent
d’intégrité comportementale
, en
mettant l’accent sur l’importance de l’intégrité dans les actes, plutôt que dans les valeurs affichées du
leader. Ce faisant, ces auteurs font alors référence aux comportements éthiques et non éthiques des
leaders.
Dans une perspective plus classique, Petrick et Quinn (2000) proposent la définition suivante:
«
L’intégrité peut être définie comme la qualité de contrôle de soi moral au niveau individuel et au niveau
collectif
» (p. 4). Les auteurs font également référence à la racine latine du mot intégrité dont le sens
est complétude, entièreté, cohérence consciente ou responsabilité engagée. La notion d’intégrité fait
référence au degré de cohérence et de respect de l’individu, principalement envers lui-même. C’est
cette notion de cohérence interne qui est également soulignée par Howell et Avolio (1992), pour qui
l’intégrité est l’une des trois vertus primordiales chez un leader (avec le courage et le sens de la
justice), dans la mesure où les caractéristiques d’un leader intègre sont la cohérence et la propension
à agir de concert avec ses valeurs et ses croyances. Ainsi, l’intégrité d’un individu détermine, pour
une grande part, le lien entre « ses paroles et ses actes ». L’intégrité se manifeste alors dans ses
comportements éthiques ou non éthiques.
Le concept d’éthique ou de moralité est utilisé dans la littérature de façon quasi-interchangeable.
Mais là encore, les définitions du concept diffèrent et des distinctions ont été proposées selon les
approches descriptives ou comportementales d’une part et prescriptives ou normatives d’autre part,
et cette absence de définition et de consensus, pour Tenbrunsel et al. (2008), est «
aussi




