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5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

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construit sur une base d’identification sociale. L’identité morale est composée de deux dimensions :

l’internalisation qui correspond au degré de centralité des traits moraux chez le sujet et la

symbolisation, qui reflète le degré d’expression publique de cette identité. L’importance de l’identité

morale pour le leader intervient comme un mécanisme d’autorégulation entre le raisonnement moral

et l’action morale du leader (Aquino & Reed, 2002). Ainsi, ce mécanisme expliquerait pourquoi des

individus qui ont le même point de vue moral, agissent différemment, selon l’importance ou la

centralité que revêt l’identité morale dans le concept de soi du leader (Skitka & Bauman, 2008). Les

individus dont l’identité morale constitue un élément central de leur identité font état de moins de

comportements déviants (par exemple : vol) que les individus qui ont une identité morale moins

centrale dans leur concept de soi lorsque l’environnement organisationnel est perçu comme étant

juste. Par contre, lorsque ces individus (identité morale centrale) se sentent injustement traités, ils

éprouvent un besoin de restauration de justice plus élevé et sont alors motivés à s’engager dans des

comportements moins éthiques que les individus dont l’identité morale est moins centrale (Skarlicki

& Folger, 1997; Skitka et al., 2008).

Faisant le constat des limites de chacune des perspectives cognitive et d’identité sociale, une

nouvelle approche se propose de réunir ces perspectives, selon la proposition que les

comportements éthiques sont le résultat de la combinaison des jugements éthiques et de l’identité

morale de l’individu. Reynolds et al. (2007) ont opérationnalisé les jugements éthiques selon les

composantes d’utilitarisme et de formalisme et l’identité morale de l’individu, et ont évalué leur

impact sur les comportements des individus, en fonction de la présence ou de l’absence de

consensus social à propos de différentes actions (par exemple : don ou participation à des œuvres

caritatives ou tricherie à des examens). Ils montrent ainsi que les jugements éthiques et l’identité

morale de l’individu interviennent dans les motivations de ses comportements. De plus, les effets

d’interaction mis en évidence supportent une perspective intégrée des recherches à venir.

Selon la méta-analyse « qualitative » de Tenbrunsel et al. (2008), cette approche intégrée est

aujourd’hui la perspective qui guide les recherches sur les processus décisionnels éthiques, en