5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE
154
de sentiments négatifs du leader à l’égard du subordonné, résultant d’une plus forte adhésion de ce
dernier aux règles de la justice interpersonnelle.
5.2.1.1.
Les perceptions du subordonné : Théorie implicite du leadership
Les propositions conceptuelles du leadership que nous avons présentées jusqu’ici, ont toutes en
commun, d’être envisagées selon la perspective du leader. Mais les processus cognitifs des
subordonnés jouent un rôle important dans les processus du leadership (Den Hartog & Koopman,
2001 ; House & Aditya, 1997) dans la mesure où ils « construisent » activement leurs perceptions du
leadership sur la base de la conceptualisation qu’ils en ont (Lord, 2000). Pour Eden et Leviatan
(1975), les individus ont une conception a priori de ce qui constitue les comportements appropriés
d’un leader, une théorie implicite du leadership. Cette approche est dérivée de la théorie implicite de
la personnalité, introduite par Bruner et Tagiuri (1954) qui proposent que les observateurs
présument de relations entre les attributs (traits) des individus (Schneider, 1973). Il s’agit de «
cadres
de référence cognitifs ou des systèmes de catégorisation qui sont utilisés pendant le traitement de l’information pour
encoder, traiter et rappeler des évènements particuliers et des comportements
» (Bass, 1990, p. 376). La
proposition centrale réside dans le fait que le leadership relève alors principalement des
préconceptions que l’on en a et non des comportements réels ou effectifs du leader. Pour être un
leader, il faut être perçu comme tel (House et al., 1997). A partir de la revue de Schneider (1973)
concernant la théorie implicite de la personnalité, Eden et Leviatan (1975) étudient la théorie
implicite que des étudiants ont à propos d’un leader. Des étudiants vont ainsi répondre à un
questionnaire concernant l’usine « X » dont ils ne savent rien des comportements du leader et dont
ils vont, cependant, évaluer les comportements de considération et de structure selon le modèle de
l’Université de l’Ohio (Stogdill & Shartle, 1948). Ils ont donc une théorie implicite du leadership.
Répliquant cette expérimentation, Weiss et Adler (1981) arrivent aux mêmes conclusions et
montrent que la théorie implicite du leadership est indépendante du niveau individuel de complexité
cognitive des sujets (i.e., de la capacité à interpréter les comportements sociaux de façon




