Previous Page  148 / 299 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 148 / 299 Next Page
Page Background

5. LE LEADERSHIP ET LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE

148

compréhensible qu’inacceptable

» (p. 550). Deux perspectives émergent dans l’appréhension de ce

concept au regard de son implication comme antécédent possible des comportements (in)justes des

leaders, avec une perspective cognitive et une perspective liée au concept de soi de l’individu.

La perspective cognitive envisage les processus de raisonnement utilisés lors des prises de

décisions, selon des modélisations classiques avec 1) celle de Kohlberg (1969), relative aux niveaux

de développement moral des individus, 2) celle de Rest (1986), avec la conscience morale relative à

l’identité morale de l’individu liée au concept de soi de celui-ci et à son identité sociale (Aquino &

Reed II, 2002) et 3) celle de Brady (1985), avec les approches, utilitariste ou formaliste,

d’appréhension des dilemmes moraux. Le modèle, plus récent, de la prise de décisions éthiques

(Tenbrunsel et al., 2008) souligne l’impact de la conscience morale versus de la non conscience

morale (conscience amorale) dans les processus de prises de décisions. Ces différents modèles sont

développés dans les annexes D14 à D17 (pp. 48-52).

Selon Reynolds et Ceranic (2007), l’éthique ou la moralité font référence aux comportements liés

à des valeurs et des normes morales concernant le fonctionnement social et organisationnel. Selon

cette perspective, les modèles relatifs à l’éthique et à la morale sont typiquement d’inspiration

cognitive. Aussi, les modélisations des prises de décisions éthiques n’ont-elles pas « échappées » à la

perspective rationnelle du processus de décision, qui postule que le décideur traite les informations

selon un mode systématique, raisonné et rationnel, omettant, au mieux, l’influence des biais cognitifs

et perceptuels ou encore des émotions de l’individu sur ses décisions (Tenbrunsel et al., 2008).

Selon la perspective liée au concept de soi, le caractère de moralité de l’individu est appréhendé

comme une partie intégrante de l’individu, dont l’importance varie selon les personnes (Skitka &

Bauman, 2008). Aquino et Reed (2002), reprenant ce concept selon une perspective intégrant les

modèles cognitivo–développementaux et une approche sociocognitive, ont défini l’identité morale

comme «

une conception de soi organisée autour d’un ensemble de traits moraux

» (p. 1424) construite sur

la base d’une identification sociale des individus comme, par exemple, un référent que l’individu

connaît ou encore une personne admirée ou un idéal. C’est donc un aspect du concept de soi