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6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION

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peut étudier les différences entre les individus, les groupes ou encore entre les cultures. Ces

conclusions, sur le caractère robuste de la théorie de Schwartz, sont reprises par Bardi, Calogero et

Mullen en 2008, qui soulignent également le caractère prédicteur de cette dernière dans des

contextes appliqués tels que celui du travail et des organisations.

6.2.1.2. Les valeurs en contexte organisationnel

Les valeurs s’expriment dans le quotidien d’un individu dans sa sphère privée autant que

professionnelle. Dans le contexte professionnel, les valeurs d’un leader vont influencer le type et la

quantité d’informations qu’il reçoit et qu’il perçoit, ses processus décisionnels et ses compétences

relationnelles (England, 1967). On peut donc penser que les valeurs des managers représentent un

intérêt tout particulier, par leur influence sur leurs propres comportements. C’est sur cette base,

considérant que les valeurs des leaders guident, en partie, leurs décisions et leurs comportements,

qu’England (1967) a entrepris d’étudier les systèmes de valeurs personnelles de ces derniers. Pour cet

auteur, les systèmes de valeurs d’un leader influencent nombre de variables organisationnelles dont

la perception des situations et des problèmes qu’il rencontre, les décisions et les solutions qu’il

entreprend et la perception de son environnement relationnel et ses relations interpersonnelles. De

plus, les systèmes de valeurs du leader limitent la détermination de ce qui est, ou non, un

comportement éthique et détermine, en grande partie, la résistance du leader aux pressions et aux

objectifs organisationnels.

Ce modèle théorique repose sur un ensemble de valeurs potentielles réparties en deux

dimensions, les valeurs faibles et les valeurs conçues. Ces dernières comportent les valeurs actives

qui influencent les

comportements et les valeurs projetées que l’on affiche, mais qui ont peu

d’influence sur le comportement. Il y ajoute les valeurs adoptées, valeurs qui ne font pas partie du

système de valeurs de l’individu mais qui ont un effet sur son comportement à cause de la situation –

ce sont, en quelques sortes, des valeurs de circonstance. Ces dimensions de valeurs influencent les

comportements, par une influence directe de la valeur sur le comportement (behavior channeling),