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6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION

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généralement les valeurs sociales. En forçant le choix du sujet, la valeur principale est révélée (par

exemple : réussite vs. éthique). La seconde approche n’implique pas de hiérarchisation forcée,

comme le questionnaire des valeurs personnelles de England (1967), et permet, au contraire, des

comparaisons inter-sujets ainsi que l’étude des variations potentielles sur l’ensemble des valeurs

proposées au sujet. Quant à la désirabilité sociale, il est possible que ce type de mesure permette

justement «

de capturer l’essence des valeurs elles-mêmes (i.e., la désirabilité sociale)

» (Ravlin et Meglino,

1987).

Les valeurs au travail

: Cornelius, Ullman, Meglino, Czajka et McNeely (1985, cités dans Ravlin

& Meglino, 1987) ont identifié, sur la base de recherches utilisant la technique des incidents critiques,

quatre catégories distinctes de valeurs au travail (Judge & Bretz, 1992) : 1)

la réussite

en termes

d’évolution de carrière, de volonté de travailler dur et de volonté de développement en termes de

compétences et de responsabilités, 2)

l’entraide

ou l’attention à autrui en termes de compassion et

de comportements d’entraide et de soutien, 3)

l’honnêteté

en termes de diffusion d’informations

correctes et de comportements responsables, et 4)

la justice

en termes d’impartialité dans les prises

de décisions et les jugements. Reprenant ces travaux, Ravlin et Meglino (1987) ont montré que les

valeurs des individus sont liées à leur organisation cognitive, dans la mesure où la fréquence de

reconnaissance des mots associés aux catégories de valeurs est liée à la hiérarchie de ces catégories

pour l’individu. De plus, ces auteurs confirment que les valeurs agissent comme guide ou standard

décisionnel, et l’orientation des valeurs des individus au sein d’une organisation influence, à long

terme, l’orientation des décisions organisationnelles. Enfin, les valeurs du leader, lorsqu’elles sont

partagées avec ses subordonnés, entraînent une plus grande satisfaction au travail et un plus fort

attachement des subordonnés par une meilleure appréhension des attentes et des objectifs

organisationnels (Meglino, Ravlin & Adkins, 1989).