6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION
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ou par un filtrage perceptif (perceptual screening), où l’influence des valeurs sur les comportements
est plus sélective et plus arbitraire (par exemple : «
il voit ce qu’il veut voir, il entend ce qu’il veut
entendre
», England, p. 55). Ainsi, l’impact des valeurs est appréhendé en relation avec les contraintes
et les influences de l’environnement. Enfin, selon England, les valeurs varient en fonction de leur
degré d’importance pour l’individu (le mode principal) et par leur contenu (mode secondaire),
décliné selon trois modalités, pragmatique (i.e., le succès), éthique (i.e., la morale) et plaisant (i.e., le
caractère agréable). Un manager a une orientation pragmatique lorsque quelque chose est important
au regard du critère de réussite plutôt que des critères d’éthique ou de plaisir. Inversement, il aura
une orientation éthique si quelque chose est important parce que c’est correct, juste et non parce que
c’est réussi ou plaisant. Les résultats des travaux d’England (1967) ont mis en évidence une
orientation pragmatique des managers américains dans leur ensemble, de telle sorte qu’un concept,
perçu comme important, est appréhendé en termes de réussite. Ces recherches (England, 1973;
Whitely & England, 1975), étendues à différents pays dans le monde, ont mis en évidence que les
managers Japonais et Sud-Coréens avaient également une orientation principalement pragmatique,
alors que leurs confrères Indiens et Australiens avaient une forte orientation éthique et morale
(England, 1973).
Dans la continuité des recherches sur l’influence des valeurs sur les comportements, Ravlin et
Meglino (1987), proposent d’étudier l’impact des valeurs au travail sur les perceptions et les prises de
décisions. L’intérêt des travaux de ces auteurs est double et concerne : a) les conceptualisations des
valeurs et les méthodes de mesure qui en découlent avec les limites de chacune et b) la mise en
évidence des valeurs principales des individus au sein des organisations.
Les valeurs et leur mesure
: selon Ravlin et al. (1987), l’étude des valeurs a été conceptualisée
de deux façons principales, ce qui a conditionné les méthodes utilisées pour les mesures. Ainsi,
l’approche hiérarchique implique un design utilisant des mesures ipsatives, obligeant de facto, les
sujets à choisir et à organiser leurs réponses. Cette approche limite la capacité à effectuer des
comparaisons inter-sujets. En revanche, elle permet de limiter la désirabilité sociale qu’ont




