6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION
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guidant la motivation des modes de distribution des ressources (i.e., équité, égalité et/ou
besoins), les processus décisionnels jugés justes (par exemple : effet de la voix, van den Bos et al.,
2010) et les modes interactionnels entre le leader et ses subordonnés, avec notamment un effet
facilitateur mis en évidence par Dalton et al. (2010).
6.2.3. Les concepts de compétence et d’habileté
Le troisième et dernier concept concernant les antécédents des comportements de leadership
juste que nous avons envisagés, est celui des compétences sociales du leader. Cette perspective a
notamment été décrite par Folger et Skarlicki (1998; 2001), Nadisic (2008) et Reb, Goldman, Kray et
Cropanzano (2006). Ce concept, que nous avons déjà abordé dans le chapitre 5, nous paraît d’autant
plus pertinent au regard de notre modèle, qu’il prend en compte la partie restaurative et donc
réactive (i.e., en réponse à une situation injuste) de la fonction managériale, soulignant ainsi le
caractère dynamique de la relation de travail.
Nous venons de proposer les rôles des valeurs du leader et des normes sociales en les
appréhendant comme deux antécédents potentiels du leadership juste. Mais cela ne suffit pas à
rendre compte des influences sur les comportements effectifs (in)justes et selon Nadisic et al. (2007),
les motivations, instrumentale ou morale, d’un leader à être juste, ne sont pas toujours suffisantes
pour l’être réellement. Ainsi, il apparaît nécessaire qu’un leader possède des compétences sociales ou
des « habiletés pratiques et actionnables » (Nadisic et al., 2007, p. 13), définies comme «
la capacité à
comprendre les sentiments, les pensées et les comportements des personnes, soi inclu, dans les situations
interpersonnelles et à agir de manière appropriée au regard de cette compréhension
»
(Marlowe, 1986, p. 52).
Selon Nadisic et al. (2007), les compétences sociales représentent
«
une aptitude sociale générale
pouvant être définie comme la faculté à disposer et à utiliser habilement les compétences cognitives,
émotionnelles et comportementales qui amènent à des interactions sociales réussies
» (p. 13). Elles sont
composées de deux dimensions, l’intelligence sociale et l’intelligence émotionnelle.




