6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION
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PROPOSITION 4
: Les compétences sociales du leader jouent un rôle d’antécédent sur les
comportements de leadership juste, dans la mesure où elles influencent l’appréhension, la
compréhension de situations, les émotions en jeu dans la relation, celles du leader et celles de
son interlocuteur ainsi que les mécanismes de régulation et de réponses apportées. Ces
compétences sociales ont un rôle d’antécédents sur les comportements de leadership juste, aussi
bien dans l’approche proactive que restaurative du leadership juste et ce, sur l’ensemble des
composantes de justice (distributive, procédurale, interpersonnelle et informationnelle).
PROPOSITION 5
: Les habiletés sociales, représentées par l’empathie et l’assertivité,
influencent l’exercice d’un leadership juste dans la mesure où l’empathie permet au leader
d’apprécier la situation et l’assertivité lui donne la compétence d’y répondre.
6.2.4 Les motivations des comportements de leadership justice
Le leadership juste, par le biais des comportements de justice du leader, répond aux trois
motivations classiquement identifiées dans la littérature (James, Hall, Redsteer & Doppelt, 2008) et
décrites tout au long de ce travail, à savoir des motivations instrumentales, relationnelles et /ou
morales et que nous avons détaillées dans le chapitre 5.
Les motivations instrumentales
sont généralement associées à la notion de réalisation et
d’accomplissements sous les formes de gain, de récompenses ou de bénéfices à être juste par
l’impact sur les performances des subordonnés et le travail effectif et donc la réalisation des objectifs
du groupe et du leader (Antonakis, & House, 2002; 2004; Molinsky & Margolis, 2005). Selon Skitka
et al. (2008), le leader est alors motivé par la « maximisation de l’utilité rationnelle » dans la mesure
où les comportements de justice sont un moyen d’atteindre un objectif, généralement quantifiable et
inhérent au fonctionnement organisationnel.
Les leaders peuvent également être motivés à paraître juste, leurs comportements relevant alors
de la gestion d’impressions et ayant, selon les travaux de Greenberg (1990b), plus d’effet sur les
perceptions de justice que des comportements objectivement justes.




