6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION
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6.3.1.3. Le modèle du leadership éthique
Le troisième et dernier modèle que nous avons choisi dans notre démarche de validation du
modèle de leadership juste est le leadership éthique (Brown et al., 2005). Ce modèle a été décrit et
validé par ces auteurs comme étant «
une démonstration des conduites normatives appropriées au travers
d’actions personnelles et de relations interpersonnelles, et la promotion de telles conduites auprès des subordonnés par
une communication réciproque, le renforcement et les prises de décisions
» (p. 120). Le leadership éthique, dans sa
conceptualisation théorique puis dans sa validation empirique, a défini des relations positives entre
ce dernier et les principes de justice organisationnelle, et plus particulièrement, avec les dimensions
interpersonnelle et informationnelle de la justice organisationnelle (Brown et al., 2005), notamment
par la prise en considération des subordonnés par un traitement digne et respectueux. Au regard des
items de l’échelle de mesure du leadership éthique (par exemple : «
Ecoute ce que les employés ont à dire
»,
p. 125), nous proposons que les relations avec le leadership juste soient également positives sur la
dimension procédurale en référence notamment à la voix. Enfin, les travaux de Schminke, Ambrose
et Noel (1997) ont mis en évidence une relation positive entre l’éthique et les dimensions distributive
et procédurale de la justice, en fonction du cadre de référence éthique de l’individu, montrant que les
individus formalistes qui valorisent la justice des processus, sont sensibles au lien entre l’éthique et la
justice procédurale alors que les individus utilitaristes, qui valorisent la justice du résultat, sont
sensibles au lien entre l’éthique et la justice distributive.
En revanche, le leadership juste se distingue du leadership éthique dans sa composante négative,
c’est-à-dire le leadership non éthique ou corrompu. En effet, les comportements éthiques s’opposent
aux comportements de corruption, qui en représentent la version négative, ayant trait à la corruption
des personnes et/ ou des systèmes, définie par des actions non éthiques ou frauduleuses et dont les
exemples n’ont pas manqué dans les organisations ces dernières années (Anand, Ashforth & Joshi,
2005). Or, précisément, un leader ou même une organisation, peuvent être injustes sans pour autant
être le fait d’individu ou de système corrompus. Inversement, un leader peut être corrompu sans être
injuste envers ses subordonnés et sans que cela n’affecte les dimensions du leadership juste.




