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6. LE LEADERSHIP JUSTE : DEFINITION ET MODELISATION

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Cependant, si nous anticipons des effets principalement positifs de l’exercice du leadership juste

auprès des subordonnés, nous devons envisager une exception et la possibilité d’effets négatifs

potentiels ayant trait au Soi (estime de soi). En effet, les travaux de Gilliland (1994), puis de

Brockner, Heuer, Magner, Folger, Umphress, van den Bos, Vermunt, Magner et Siegel (2003)

montrent que, lorsqu’un individu doit faire face à un échec (i.e., échec de l’individu à obtenir le

résultat désiré), le caractère juste du contexte, au travers des comportements justes du leader, produit

un impact négatif auprès du subordonné, par l’impossibilité de ce dernier à justifier son échec par

une attribution externe. Ainsi que le soulignent Cropanzano et al. (2001), ces travaux sont

l’exception qui confirme la règle.

Enfin, par opposition aux perspectives globalement positives d’un leadership juste, nous

anticipons qu’un leadership injuste sera générateur d’insatisfaction et potentiellement, de

comportements de représailles (Skarlicki & Folger, 1997), allant des comportements de retrait (par

exemple : absence, diminution des contributions, Greenberg, 1993; Organ & Moorman, 1993) à des

comportements d’agression (Dupré & Barling, 2006).

6.4.1.2. Niveau groupal : le climat de justice procédurale

Le second niveau d’analyse qui nous intéresse est celui du groupe, constitué par l’ensemble des

individus de l’organisation. Les interactions au sein du groupe génèrent des perceptions inhérentes

aux processus, aux caractéristiques et aux évènements organisationnels : c’est le climat

organisationnel (Kozlowski & Doherty, 1989). Pour ces auteurs, «

les concepts de climat et de leadership

sont directement impliqués dans les fonctions et les processus organisationnels »

et sont

« un lien fonctionnel clé entre

les personnes et leur environnement

» (p. 546). Reprenant cette notion dans le cadre de la justice

organisationnelle, Naumann et Bennett (2000) définissent le climat de justice procédurale «

comme une

cognition distincte au niveau du groupe de la façon dont le groupe, en tant qu’entité, est traité

» (p. 882). Le climat

de justice procédurale est généré par les procédures et les pratiques organisationnelles et par celles

du leader. Les travaux de Liao et Rupp (2005) montrent que les individus distinguent le climat de