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LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT
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organisationnelle par la revue des facteurs de justice selon leur développement chronologique dans
la littérature depuis leur définition théorique jusqu’à leur validation empirique.
1.2.1. La justice distributive
Pour Tyler, dont les propos ont été recueillis par Byrne et Cropanzano (2001, p.8), «
la justice
distributive représente réellement le début de la justice organ
É
isationnelle
». La justice distributive, telle
qu’elle est communément acceptée et définie, concerne principalement la perception que l’individu,
concerné par une décision, a du caractère juste de la distribution des ressources qui lui sont
attribuées par le décideur. La justice distributive concerne également la perception qu’un tiers,
observateur, peut avoir de la distribution effective des ressources à disposition. Dans le cadre
organisationnel, ces ressources sont d’ordre économique (par exemple : salaire, augmentation,
prime) et / ou d’ordre social (par exemple : promotion, statut social).
Les travaux princeps qui ont conduit à l’identification du principe de justice distributive ont été
ceux de Stouffer, Suchman, De Vinney, Star et Williams (1949) avec l’introduction du concept de
privation relative. Ce concept a été mis en évidence à partir de leurs travaux sur la satisfaction des
soldats concernant leur système de promotion au sein de l’armée Américaine pendant la Seconde
Guerre Mondiale. Réalisant leurs recherches auprès des soldats de la Police Militaire et de l’Armée
de l’Air, ils ont montré que les soldats de la Police Militaire, bien qu’ayant un pourcentage de
promotions inférieur (34% de chance d’être promu) à celui des soldats de l’Armée de l’air (56% de
chance d’être promu), exprimaient une plus grande satisfaction concernant le système de promotion
en vigueur. Selon les auteurs, ces résultats relèvent d’une comparaison intra-groupe et non inter
groupes, où la satisfaction au sein du groupe de la Police Militaire etait liée au sentiment
d’appartenance à l’élite du groupe, alors que dans l’Armée de l’Air, les soldats n’ayant pas eu de
promotion se sentaient désavantagés –
privés
- par rapport aux autre membres de leur groupe. Ces
résultats ont été répliqués dans un autre contexte auprès des soldats afro-américains stationnés dans
le sud et dans le nord du pays. Bien qu’objectivement, les conditions de vie aient été plus favorables
pour les soldats stationnés dans le nord, les soldats en poste dans le sud ont fait montre d’un état




