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1.

LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT

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ressemblance avec l’individu (ses opinions et ses capacités) ainsi que l’attraction que l’autre suscite

(Festinger, 1954) et la similitude de statut ou de catégorie sociale et l’admiration pour l’autre

(Merton, 1957). Il s’agit bien de caractéristiques psychologiques basées sur des perceptions et non

une observation objective (Adams, 1963).

1.2.1.2.

Les autres règles de distribution des ressources

L'équité, basée sur le mérite, n’est cependant que l’un des principes guidant la répartition des

ressources concernant la justice distributive. En effet, Deutsch (1975) et Leventhal (1976a) ont

proposé deux autres normes d’allocations des ressources, la première selon les principes d’égalité, où

tout le monde reçoit la même rétribution, indépendamment des contributions individuelles, la

seconde par la prise en compte des besoins des individus. Selon ces auteurs, les normes de

distribution des ressources sont déterminées par les objectifs des échanges du groupe, à savoir la

productivité économique, l’harmonie du groupe ou encore la solidarité. L’acceptation des principes

d’égalité est largement influencée par la culture, comme l’ont mis en évidence Steiner, Trahan,

Haptonstahl et Fointiat (2006). En effet, ces auteurs ont montré que les Français et les Américains

tiennent compte des besoins dans la répartition des ressources avec un impact plus important de ces

derniers et une approche plus égalitaire pour les Français alors qu’on observe une approche plus

équitable pour les Américains.

Ces trois normes de répartition des ressources, communément acceptées et utilisées en contexte

organisationnel, ne sont pas mutuellement exclusives mais au contraire, peuvent être appliquées de

concert pour une gestion et une répartition au plus proche des objectifs de gestion. Comme l’a

souligné Deutsch (1975), la répartition des ressources est guidée par le choix des principes de

répartition identifiés comme justes dans un contexte donné. Ainsi, lorsque l’on demande à des

individus d’évaluer différents critères d’allocation au regard de la justice, les principes d’égalité et des

besoins sont préférés lorsqu’il s’agit de relations entre amis ou groupes soudés, le principe des

besoins est plus fréquemment choisi dans des contextes de prise en compte du bien-être et de la