1.
LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT
31
de l’autorité un rapport sincère, faisant preuve de respect de la dignité de l’interlocuteur. De plus, on
attend de l’autorité qu’elle s’abstienne de tous commentaires déplacés ou offensifs pour la personne.
b)
Le caractère approprié de sa conduite
Le deuxième aspect de la justice interpersonnelle concerne la bienséance du comportement de
l’autorité caractérisée par l’absence de commentaires inappropriés dans le contexte organisationnel
(par exemple : sexe, politique), ce que Tyler (1988) a opérationnalisé par les notions de politesse et
de considération pour les droits de l’individu.
Selon Colquitt et al. (2001), la justice interpersonnelle concerne principalement les réactions
concernant l’issue de la décision, dans la mesure où un traitement digne et respectueux atténue le
caractère difficile d’une décision négative. Ainsi, l’autorité est perçue comme juste lorsqu’il y a
respect de l’individu et de sa dignité.
1.2.5. La justice informationnelle
La justice informationnelle est également définie selon deux facettes (Masterson et al., 2005).
a)
L’honnêteté
L’autorité, dans l’échange avec son ou ses subordonnés, est perçue comme étant juste lorsqu’il
fait preuve d’ouverture et de sincérité dans la communication des décisions.
b)
Les justifications
Les justifications concernent le caractère adéquate des explications : une information correcte,
tant dans la véracité des informations qu’elle dispense que dans les délais dans lesquels elle est
fournie, permet aux individus d’éprouver un sentiment de justice dans le traitement qu’ils reçoivent,
même lorsque l’issue des décisions est négative. Selon Colquitt et al. (2001), la justice
informationnelle agit principalement sur les réactions concernant les procédures dans la mesure où
les explications informent sur les règles procédurales. Les explications données ont été étudiées
selon différentes formes, en termes de justifications ou d’excuses (Rolland, 2005).
Ainsi, dans la présentation que nous venons de faire du concept de justice organisationnelle, ce
dernier s’articule théoriquement autour de quatre dimensions distinctes. Colquitt et al. (2001) ont




