1.
LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT
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échanges entre individus et de leur implication ou non dans les processus décisionnels au travers de
la voix.
1.3.2. La perspective relationnelle : le besoin d’appartenance au groupe
La seconde perspective adoptée pour expliquer l’importance accordée aux procédures, a comme
base le besoin d’être accepté par le groupe auquel nous appartenons, la justice indiquant
l’importance de notre intégration dans le groupe. Elle a été modélisée selon une composante
motivationnelle et une composante cognitive. La composante motivationnelle de cette perspective
décrit une conceptualisation orientée vers le groupe d’appartenance. Elle a été modélisée par les
travaux princeps de Lind et Tyler (1988) et Tyler et Lind (1992) et a été développée avec le modèle
de Tyler et Blader (2000). La composante cognitive, issue de ces mêmes modèles, aborde la
conceptualisation heuristique de la perspective relationnelle en modélisant les processus de
traitement de l’information dans nos jugements de justice et a été développée par les modèles de la
théorie de l’heuristique de justice (Lind, Kulik, Ambrose & De Vera Park, 1993) et plus récemment
par la théorie de la gestion de l’incertitude (Lind & van den Bos, 2002; van den Bos & Lind, 2002).
La composante motivationnelle du besoin d’appartenance au groupe
Ce modèle (Lind & Tyler, 1988) propose une approche sociale du besoin de justice. Il s’agit d’un
modèle de justice procédurale. Pour ces auteurs, le besoin de justice ne réside pas dans le seul fait de
maximiser ses ressources mais aussi dans la valorisation de l’appartenance au groupe. En effet, le
groupe donne à ses membres des informations sur le caractère approprié de leur comportement et
sur leur valeur (Tyler, 1989) et représente une source de soutien émotionnel ainsi qu’une source
potentielle de ressources matérielles (par exemple : entreprise). Aussi, les individus sont-ils attentifs à
la justice d’une situation, en particulier lorsque celle-ci est génératrice de problèmes potentiels liés à
des « dilemmes sociaux fondamentaux » selon l’expression de Lind (1995a), tels que le risque
d’exploitation par l’autorité (interdépendance sociale) ou encore le risque d’exclusion d’un groupe
(menace identitaire). En évaluant la justice de l’autorité, ils évaluent le risque encouru pour leur
position dans le groupe ou dans l’organisation. Aussi recherchons-nous auprès de l’autorité, la




