1.
LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT
30
(1986) ont souligné le caractère humain de l’échange dans le traitement interpersonnel de l’autorité
vis-à-vis de l’individu concerné, le définissant comme suit : «
Par justice interactionnelle nous voulons
dire que les personnes sont sensibles à la qualité du traitement interpersonnel qu’elles reçoivent lors du
déroulement des procédures organisationnelles
» (Bies et al., 1986, cité dans Colquitt et al., 2005, p. 29).
L’autorité est perçue comme juste lorsque celle-ci respecte l’individu dans sa dignité – la sensibilité
sociale ou justice interpersonnelle – et lorsque celle-ci fournit des informations relatives aux
décisions prises - la justice informationnelle. Selon Bies (2005), l’intérêt de ces deux dimensions de
justice, justice interpersonnelle et justice informationnelle, est particulier dans la mesure où ces
composantes sont virtuellement dans tous les échanges organisationnels, indépendamment des
prises de décision. Longtemps les dimensions interpersonnelle et informationnelle ont été traitées
comme deux facettes d’une même dimension, la justice interactionnelle, suivant l’introduction
conceptuelle de Bies et al. (1986). Mais des travaux plus récents ont validé une distinction de ces
dernières, les définissant comme deux dimensions différentes. Cette modélisation avait néanmoins
été proposée de façon théorique par Greenberg (1993) mais ce sont les recherches récentes de
Colquitt (2001) qui sont à l’origine de la validation empirique en quatre facteurs de la justice
organisationnelle où la justice interpersonnelle et la justice informationnelle ont des antécédents et
des conséquences différents (Colquitt, 2001; Masterson, Byrne, & Mao 2005). Cette modélisation a
notamment été répliquée et confirmée dans les travaux de Judge et Colquitt (2004).
1.2.4. La justice interpersonnelle
La justice interpersonnelle fait référence à la qualité du traitement interpersonnel de
l’autorité vis-à-vis du subordonné; elle est définie comme la sensibilité interpersonnelle (Greenberg,
1993) dont un supérieur hiérarchique fait preuve dans son interaction avec un subordonné et
s’articule autour de deux facettes.
a)
Le traitement digne et respectueux
Le premier aspect de la justice interpersonnelle est le respect de l’autorité à l’égard du
subordonné. De manière générale, ou plus spécifiquement lors d’un évènement particulier, on attend




