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1.

LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT

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Tyler, 2005). Nous proposons à présent de détailler chacune des ces perspectives, à partir du modèle

princeps jusqu’à leurs développements les plus récents.

1.3.1. La perspective instrumentale : la conceptualisation de l’intérêt personnel

La perspective instrumentale postule que les individus sont attentifs et réagissent en fonction de

leurs perceptions de justice et plus particulièrement de justice procédurale, parce qu’ils sont motivés

à agir dans le but d’obtenir voire de maximiser les rétributions qu’ils valorisent (Tyler, 1987). La

perspective instrumentale a souvent été associée avec la notion d’intérêt personnel, selon une

connotation négative basée sur l’égoïsme et la maximisation des bénéfices pour soi au détriment des

autres (Gillipsie & Greenberg, 2005). Selon ces auteurs, il serait cependant regrettable de confondre

la motivation à obtenir des rétributions sur la base de règles communes avec une volonté égoïste

basée sur l’obtention d’avantages personnels. De plus, les individus valorisent les rétributions qu’ils

obtiennent, non pas dans un but unique d’avoir plus qu’autrui mais également par la symbolique

qu’elles représentent pour l’individu lui-même, d’un point de vue social, professionnel et personnel

(Cropanzano & Ambrose, 2001) comme par exemple, l’intitulé de son poste, ou la superficie d’un

bureau (Greenberg, 1988).

Le caractère instrumental des jugements de justice organisationnelle a été mis en évidence selon

deux perspectives permettant de comprendre l’importance accordée à la justice procédurale par les

individus dans l’obtention des résultats recherchés. Ces modèles, que nous allons développer ci-

après, sont 1) la théorie de l’échange social, où la justice procédurale fait partie intégrante de la

dynamique de l’échange, et 2) le modèle des ressources, où la justice procédurale est un facteur

concourant à l’obtention du résultat désiré.

La

théorie de l’échange social

(échanges matériels et / ou relationnels) propose une

explication possible des comportements de coopération entre les individus en soulignant le caractère

de réciprocité et le rôle des perceptions de justice. Ainsi, les individus coopèrent en fonction,

notamment, des échanges qu’ils entretiennent avec l’autorité ou avec l’organisation par le biais du

soutien organisationnel perçu (Masterson et al., 2000). Lorsqu’un subordonné éprouve un sentiment

de justice, cela induit une nécessité de réciprocité, qui se matérialise par des comportements positifs