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1.

LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT

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La composante cognitive du besoin d’appartenance au groupe

Le jugement de justice se fait également sur la base d’heuristiques et du poids que l’individu

accorde aux informations dont il dispose. Cette conceptualisation s’intéresse donc aux raccourcis

cognitifs que les individus utilisent pour arriver à des jugements. Ces jugements de justice

concernent aussi bien l’évaluation des rétributions que l’évaluation de la relation avec l’autorité.

La

théorie de l’heuristique de justice

(Lind, 2001) a pour origine le modèle relationnel (Lind &

Tyler, 1988; Tyler & Lind 1992), même si ses liens avec celle-ci sont plus ténus que le modèle

précédemment décrit. Cette théorie propose que l’individu accède rapidement à un sentiment de

justice lui permettant de décider de son comportement vis-à-vis de l’autorité (comportement de

coopération) en utilisant des « raccourcis » cognitifs. Les individus s’appuient sur des heuristiques de

justice, définies comme étant «

des raccourcis psychologiques utilisés pour décider de l’acceptation ou du

rejet des ordres des individus en position d’autorité

» (Lind, Kulik, Ambrose & de Vera Park, 1993) qui

génèrent des jugements de justice globale. Lind (2001) a décrit ces derniers comme des “cognitions

centrales” (p.67) qui ont un rôle de médiateur des relations entre les types de justices spécifiques

(distributive, procédurale, interpersonnelle & informationnelle) et les réactions attitudinnelles et

comportementales des individus. Ambrose et Schminke (2009) ont confimé le rôle de médiateur des

jugements de justice globale (médiation totale) entre les dimensions de justices distributive,

procédurale et interactionnelle avec d’une part, la satisfaction au travail, l’attachement

organisationnel et les intentions de turn-over des subordonnés (étude 1) et d’autre part, la

performance au travail, les comportements citoyens et les comportements déviants évalués par les

superviseurs (étude 2).

Ces jugements de justice globale ont été à l’origine des travaux sur les règles de justice

organisationnelle (Leventhal, 1980; Lind & Tyler, 1988) mais selon Ambrose et Arnaud (2005),

l’approche de Leventhal est basée sur un processus cognitif relativement contrôlé où les individus

pondèrent les différentes formes de justice pour arriver à un jugement de justice globale alors que

celle de Lind (2001) propose un processus de jugements plus automatique et plus rapide. Ce

processus se déroule selon trois phases (Van den Bos et al., 2001, p. 51). La première phase de