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1.

LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT

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jugements de justice envers l’autorité, par l’utilisation d’heuristiques à partir des informations dont il

dispose, et qui lui sont nécessaire dans la gestion de l’incertitude liée à sa relation avec l’autorité et

avec le groupe.

1.3.3. La perspective morale

Un troisième paradigme permet de rendre compte de notre besoin de justice en abordant la

perpective morale de la justice et propose trois modèles explicatifs, avec le modèle déontique

(Folger, 2001), la théorie des cognitions référentes (Folger, 1986b) et la théorie de la justice (Folger

& Cropanzano, 2001).

Pour Folger (2001), le

modèle déontique

explique le besoin de justice par le caractère moral

qu’il représente. Etymologiquement,

deon

signifie obligation ou devoir en grec; la justice serait donc

vertu morale et nous serions motivés à agir de façon juste parce que c’est bien (Ambrose, 2002).

Ceci expliquerait pourquoi nous éprouvons un sentiment d’injustice face à un évènement en

violation avec le code moral, alors même que nous ne sommes pas concernés par ce dernier.

Contrairement à l’acceptation générale de la nature descriptive de justice organisationnelle, la

perspective morale est plutôt de nature prescriptive. Ainsi, selon Folger (2001), considérer la justice

comme une obligation prescriptive implique un caractère de moralité. Folger identifie cinq

caractéristiques du modèle déontique de justice :

1.

Une motivation qui dépasse le cadre strictement personnel, par la prise en compte des autres

au sens large (le bien-être du pays, de l’humanité, ou de la planète), ce que Folger appelle la

transcendance (2001, p.8).

2.

La possibilité de différencier la satisfaction de la justice, c’est ainsi que l’issue d’une décision

peut être insatisfaisante mais ne pas être injuste.

3.

La capacité d’expliquer la justice entre des individus qui n’ont qu’une seule interaction ou des

tierces personnes qui n’ont aucun parti pris dans le résultat

4.

La capacité de distinguer les différences entre chacune des dimensions de justice dans leur

contribution à la justice.