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1.

LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT

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« préformation » correspond au moment précédant la formation du jugement de justice. L’intérêt de

cette étape réside dans les raisons qui motivent un individu à devenir attentif à la justice de la

situation. Lors de la seconde phase, dite de « formation », le jugement est établi et on s’intéresse à la

manière dont le sujet arrive à un jugement de justice. La troisième et dernière phase dite de « post-

formation » s’intéresse à la façon dont les individus utilisent leur jugement de justice dans leurs

réactions comportementales et les informations de justice qui en découlent. On note que Lind

(2001) propose une simplification du processus en deux phases. En phase une, il y a formation du

jugement pendant laquelle le sujet, soumis à des « expériences » de justice distributive, procédurale

ou interactionnelle, acquiert un jugement de justice général qu’il utilise en phase deux. Dans cette

seconde phase, l’individu émet des jugements de justice distributive, procédurale et interactionnelle

sur la base du jugement de justice générale et ce dernier guide également ses attitudes et ses

comportements (par exemple : coopération, confiance accordée à l’autorité, identification). Cette

information de justice permet de déterminer si on peut faire confiance ou non au décideur. De plus,

l’individu forme ses jugements de justice à partir des informations dont il dispose. Ainsi, lorsque

l’information pertinente n’est pas disponible (par exemple : résultat ou procédure), l’individu utilise

d’autres informations disponibles (par exemple : distributive, procédurale ou interactionnelle) pour

étayer son jugement, c’est le caractère de « substituabilité » soulignant la perspective intégratrice de

cette théorie par la prise en compte de l’interdépendance des dimensions de justice. Une fois ces

jugements formés, l’heuristique de justice sert de guide pour les individus qui les utilisent dans leurs

interactions avec l’autorité. On note que les informations procédurales ont plus de poids que les

informations concernant les rétributions pour juger de sa place dans le groupe (van den Bos, Lind,

Vermunt & Wilke, 1997). Par contre, pour l’évaluation des rétributions, les individus utilisent de

manière préférentielle, les informations concernant les rétributions d’autrui lorsque ces dernières

sont disponibles. Ainsi, les individus utilisent les premières informations dont ils disposent; elles

vont généralement affecter les perceptions de justice de façon importante et le sentiment de justice

qui en découle sera difficilement modifiable par des informations ultérieures (van den Bos et al.,

1997).