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LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT
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Enfin, basé sur les deux modèles précédents et sur la théorie de l’identité sociale (Tajfel, &
Turner, 1979), Tyler et Blader (2000, 2001, 2003; Blader & Tyler, 2009) se sont intéressés aux
motivations des individus à s’engager dans la réalisation des objectifs du groupe par leur
participation et ils ont proposé le
modèle de l’engagement du groupe
. Il s’agit de comprendre
comment la justice procédurale favorise la coopération dans le groupe. Reprenant la proposition
selon laquelle les critères relationnels affectent les jugements de justice procédurale et sont en
relation avec les préoccupations identitaires de l’individu liées au groupe, ces auteurs proposent que
les «
inférences d’identité sociale basées sur la justice agissent en médiateur de l’impact de la justice sur la
coopération des employés
» (Blader et al., 2005, p. 336). Plus précisément, ce modèle met en évidence le
rôle des perceptions de justice sur les comportements de coopération des subordonnés. Les
variables identitaires du modèle liées à la justice procédurale sont (a) le standing du groupe qui
confère de la fierté, (b) le standing de l’individu dans le groupe par le respect des membres du
groupe et (c) leur degré d’identification avec le groupe. Ce degré d’identification de l’individu dépend
de la fierté ressentie et du respect du groupe. Chacune de ces variables indique la position de
l’individu en tant que membre de son groupe. Ainsi un individu, qui est traité de façon juste, aura
tendance à être fier de son entreprise, à se sentir respecté par les membres de son groupe et à
s’identifier à ce groupe. Dès lors, l’individu, par son identification au groupe, devient motivé à
participer à la réussite de ce dernier, cette motivation se traduisant dans les faits par une plus grande
coopération au sein de l’organisation. La motivation à coopérer est alors intrinsèque dans la mesure
où elle n’est pas dépendante de rétributions anticipées. Avec le modèle de l’engagement, Blader et al.
(2005) montrent que les comportements de coopération répondent à un besoin d’affiliation des
individus, basé sur l’identité sociale, et non à une volonté instrumentale basée sur l’échange social.
Plus récemment, ces auteurs (2009) confirment ces résultats et montrent que les mécanismes en jeu
entre la justice procédurale et l’évaluation des rétributions économiques (évaluation du salaire,
prévisions des rétributions, justice des rétributions et récompenses) d’une part et les comportements
discrétionnaires d’autre part, entretiennent une relation entièrement médiatisée par l’identité sociale
du sujet.




