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LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT
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montré que les avancées théoriques résultant des recherches entreprises depuis les premiers travaux
d’Adams (1965) ont contribué de façon significative, et pour chacune des dimensions proposées, à
une amélioration des connaissances et des explications relatives aux processus des perceptions de
justice.
1.3. Les modélisations théoriques de la justice organisationnelle
La définition du concept de justice organisationnelle telle que nous venons de la décrire, souligne
le caractère central de la subjectivité dans le processus de jugement qui conduit au sentiment de
justice ou d’injustice d’un individu. Le but, pour l’individu, est de donner du sens à la situation dans
laquelle il est inséré et de lui permettre d’agir ou de réagir à ce qu’il perçoit. Le sentiment qui résulte
de son jugement détermine en grande partie ses réponses, physiologique, attitudinnelle et
comportementale, vis-à-vis de la situation et des personnes. Aussi, est-il essentiel de comprendre les
mécanismes sous-jacents potentiels des motivations de nos besoins de justice et des processus
cognitifs en jeu dans l’évaluation et l’interprétation de notre environnement pour arriver à un
jugement de justice perçue.
Les modèles explicatifs de la justice organisationnelle ont été décrits selon trois perspectives
paradigmatiques différentes (Cropanzano, Byrne, Bobocel & Rupp, 2001). Toujours selon une
logique chronologique, la première perspective proposée dans la littérature est celle de
l’instrumentalité où l’intérêt personnel est la motivation principale de l’individu dans sa recherche de
justice. La seconde perspective est relationnelle, et souligne le besoin d’appartenance au groupe de
l’individu. Enfin, la troisième perspective est morale (Folger, 2001), et souligne l’importance du
respect des principes de la morale dans les comportements de chacun dans les perceptions de justice
(Cropanzano & Rupp, 2002). Ces trois approches apportent des réponses à deux questions
essentielles : pourquoi avons-nous besoin de justice et comment formons-nous nos jugements de
justice ?
Ces trois paradigmes ne sont pas opposés, ni mutuellement exclusifs mais sont, au contraire,
complémentaires, permettant de mieux comprendre la complexité des processus en jeu (Blader &




