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1.

LA JUSTICE ORGANISATIONNELLE: DÉFINITION ET MODÉLISATION DU CONCEPT

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l’Autre

» (Adams, 1963, p. 424). Dès le départ et dans la lignée des travaux précédemment décrits, il

a souligné l’importance de la Personne (sujet du jugement) en comparaison à l’Autre (objet de

référence) dans un processus psychologique de comparaison de la situation perçue par la Personne.

S’inscrivant dans le modèle théorique de la dissonance cognitive (Festinger, 1957), le sujet éprouvant

un sentiment d’inéquité, ressent une tension dont l’amplitude est proportionnelle au sentiment

d’inéquité, sentiment qu’il est motivé à réduire, voire à annuler, par diverses stratégies, afin de

retrouver un équilibre et un sentiment d’équité.

En 1965, Adams a formalisé la théorie de l’équité selon laquelle les individus évaluent la justice

de leurs rétributions (par exemple: rémunération, promotion, statut social) en fonction de leurs

contributions (par exemple: travail, compétences, formation) et de la comparaison qu’ils font avec

un « autre » dans une situation similaire. Ainsi, nous comparons deux ratios :

RS / CS

avec

RA / CA

où «

RS

» représente la rétribution pour soi et «

CS

» la contribution pour soi avec «

RA

» la

rétribution de l’autre et «

CA

» la contribution de l’autre. C’est précisément ce rapport entre les deux

ratios qui constitue, selon Adams, la base du jugement de l’équité. Ces travaux sont ancrés dans le

contexte de l’échange social où les individus s’engagent dans des transactions réciproques où chacun

contribue et reçoit quelque chose en retour.

Les objectifs d’Adams (1963, 1965), dans ses travaux sur l’inéquité, ont été de mettre en

évidence 1) les antécédents de l’inéquité perçue, à savoir pourquoi et quand les individus

considéraient un échange comme injuste et 2) ses conséquences, au travers des réactions de ces

individus.

Trois cas de figure sont alors envisageables ayant, selon le cas, des effets psychologiques

(cognitifs et affectifs) et comportementaux se répercutant sur l’organisation (Aquino, Griffeth, Allen

& Hom, 1997). Lorsque les deux ratios sont équivalents, la situation est équitable et l’individu

éprouve généralement un sentiment de justice et de satisfaction (Colquitt et al., 2001). Par contre, il y

a inéquité lorsqu’il y a inégalité perçue entre les deux ratios. L’individu se trouve alors sous-

récompensé ou sur-récompensé. Lorsqu’un individu considère qu’il est sous-récompensé, il peut