2.
JUSTICE ORGANISATIONNELLE : REVUE DES RECHERCHES DANS LA LITTÉRATURE
49
l’injustice est interactionnelle, les individus s’engagent dans des comportements de représailles;
lorsqu’elle est distributive, ces comportements visent à rétablir l’équité (Ambrose et al., 2002).
L’intensité et la cible de ces comportements sont fonction du sujet identifié comme responsable (le
décideur ou l’organisation) et de l’importance du sentiment d’injustice (Ambrose et al., 2002;
Skarlicki & Folger, 1997). Les comportements de restauration de l’inéquité perçue s’attachent à
augmenter les rétributions (ex : le vol, Greenberg, 1990a, 1990b) alors que les comportements de
représailles ont pour objectif de faire du tort à la cible en réponse au tort éprouvé par l’individu, ce
qui peut aller jusqu’à l’agression physique (Skarlicki et al., 1997).
Les comportements citoyens
sont liés au travail, au travers des relations interpersonnelles, sur
une base discrétionnaire de la part de l’employé. Ces comportements ne sont pas définis par
l’organisation formelle du travail (i.e. non inclus dans la description de poste ou le système de
récompense) mais facilitent le bon fonctionnement de l’organisation et sont appréhendés selon cinq
dimensions : l’altruisme, la courtoisie, le fair-play, la conscience professionnelle et le civisme
(Moorman, 1991).
2.1.2. Le rôle prédicteur de la justice organisationnelle
L’une des caractéristiques de la validité d’un concept théorique réside dans sa relation avec des
critères spécifiques, définis lors de l’élaboration du concept, c’est-à-dire dans la capacité du concept à
prédire des effets sur les variables sélectionnées. C’est ce que confirment les résultats des deux méta-
analyses au travers de l’examen de 190 études par Cohen-Charash et Spector (2001) et de 183 études
par Colquitt et ses collaborateurs (2001). Ceci étant, ainsi que nous l’avons déjà mentionné, les deux
méta-analyses ont été réalisées selon des méthodologies différentes. En effet, Cohen-Charash et al.
(2001) ont choisi, contrairement à Colquitt et al. (2001), de ne pas distinguer les dimensions
interpersonnelle et informationnelle de la justice, constituant alors une seule dimension de justice
interactionnelle selon le modèle de Bies et Moag (1986). En revanche, ces auteurs ont séparé les
résultats des études réalisées en contexte organisationnel de ceux des études réalisées en laboratoire,




