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JUSTICE ORGANISATIONNELLE : REVUE DES RECHERCHES DANS LA LITTÉRATURE
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contribution, dans leur capacité à promouvoir les perceptions de justice procédurale et à expliquer
les perceptions de justice au-delà des effets de la justice distributive. Ainsi, ils ont mis en évidence
que la Voix (Thibaut et al., 1975) expliquait 26% de la variance totale des perceptions de justice
procédurale, les règles de Leventhal (1980) expliquaient 21% de variance additionnelle et enfin, les
dimensions interpersonnelle et informationnelle expliquaient 6% de variance additionnelle au-delà
des règles de Leventhal (1980), principalement due à la justice interpersonnelle (
β
= .29,
p <
.05). En
ce qui concerne l’apport des modèles de justice dans la promotion des perceptions de justice
procédurale au-delà des effets de la justice distributive, Lind et Tyler (1988) ont montré que les
individus ont tendance à évaluer la justice des procédures de manière plus favorable lorsque les
résultats des décisions sont positifs. En effet, la justice distributive explique 33% de la variance totale
des perceptions de justice procédurale. Après avoir contrôlé les effets de la justice distributive, les
résultats mettent en évidence un apport incrémentiel de 24% des autres dimensions de justice, avec
un effet unique significatif important des règles de Leventhal (
β
= .30,
p <
.05) et de la justice
interpersonnelle (
β
= .26,
p <
.05), et dans une bien moindre mesure, de la voix (
β
= .03,
p <
.05) et
de la justice informationnelle (
β
= .07,
p <
.05). Les évolutions théoriques de la justice
organisationnelle ont donc contribué, de façon significative, à la promotion des perceptions de
justice dans les organisations.
Si ces résultats sont importants sur le plan de la validation du construit, permettant de tester la
validité discriminante du construit et des dimensions qui le composent, Colquitt et al. (2001)
concluent qu’il est également important de s’intéresser aux interactions entre les dimensions et leur
impact sur les variables organisationnelles pertinentes aux réalités quotidiennes de la vie au sein des
organisations. En effet, ainsi que l’ont souligné Skarlicki et al. (1997) et Colquitt et al. (2001), la
présence de modérateurs dans la majorité des relations entre les dimensions de justice
organisationnelle et les variables organisationnelles, montrent des relations plus complexes et la
nécessité de les appréhender pour améliorer la prédiction des résultats.




