2.
JUSTICE ORGANISATIONNELLE : REVUE DES RECHERCHES DANS LA LITTÉRATURE
56
comme par exemple, Bies et Moag (1986) lors de la modélisation de la justice interactionnelle ou
encore Donovan, Drasgow et Mundson (1998) dont la mesure ne concerne que la justice
interpersonnelle : «
Perceptions of Fair Interpersonal Treatment
».
La
source de justice
est l’acteur considéré comme responsable des actions donnant lieu à des
jugements de justice, à savoir le superviseur direct, que l’on nomme agent ou bien l’organisation en
tant que système formel. Ainsi, lorsque la source de justice est l’agent, les jugements de justice se
font principalement au travers des relations interpersonnelles par le traitement du superviseur envers
le subordonné. Lorsque la source est le système formel, les jugements de justice concernent
généralement la distribution des ressources et les procédures formelles de l’entreprise. La distinction
de la source de justice évaluée est rendue particulièrement saillante, lors de perceptions d’injustice,
par les comportements de retraits et / ou de représailles engendrés comme nous l’avons décrit
précédemment (cf. p 50 de ce chapitre). Skarlicki et al. (1997) ont également mis en évidence des
effets d’interaction entre les sources de justice, de telle sorte que les comportements de justice de
l’agent tempèrent les injustices liées au système formel (par exemple : allocation de temps libre ou de
primes, Nadisic, 2008) et inversement, la justice du système formel tempère les comportements
d’injustice de l’agent, ayant pour effet, dans les deux cas, de limiter, voire d’annuler, les
comportements de représailles éventuels.
Le
contexte
précise le type d’évènement choisi pour la mesure, à savoir une évaluation
particulière concernant un évènement ponctuel (ex : évaluation annuelle des performances) dans la
vie de l’individu, ou une évaluation générale concernant une appréciation globale de son quotidien
que l’on appelle entité sociale. Cette distinction, entre les jugements de justice basés sur un
évènement et ceux basés sur une entité sociale, a été proposée par Cropanzano, Byrne, Bobocel et
Rupp (2001). Sur la base des travaux de ces auteurs (2001), Eurich et Byrne (2005) ont montré que
les jugements de justice sont influencés par le contexte, selon que l’individu évalue la justice liée à un
évènement ou un sentiment général de justice, par une utilisation différente des informations dont il
dispose. Plus spécifiquement, lorsque les jugements sont liés à un évènement particulier, les




